Thèmes de la CSPC de 2013

Nouvelles tendances en matière de diplomatie et d’échanges internationaux : le rôle des sciences et de la technologie

L’intégration des sciences et de la technologie (S et T) à la diplomatie et aux échanges internationaux se dégage comme une possibilité stratégique. Les sciences et la technologie ont favorisé les relations à l’échelle mondiale par l’intermédiaire de pôles de recherche et de réseaux d’innovation dans les pays développés et en développement. Les partenariats internationaux sont désormais une nécessité sur le plan de l’innovation, et pour les progrès de la science et de la technologie; en outre, ils sont devenus un élément important dans le cadre du commerce international. Les sciences et la technologie sont de plus en plus reconnues comme un nouvel outil efficace dans les domaines de la diplomatie et des relations et des échanges internationaux. Le niveau croissant de contribution des sciences et de la technologie à la diplomatie et au commerce international a entraîné la conclusion d’accords bilatéraux en matière de S et T entre les gouvernements. Les sciences et la technologie sont considérées comme des mécanismes importants de développement socioéconomique. C’est pourquoi les pays en développement et les marchés émergents cherchent à accroître la collaboration dans ces secteurs.

Pour le Canada, les avantages possibles de l’intégration des S et T aux relations et aux échanges internationaux sont une question d’intérêt national. Par exemple, le Canada a assumé la présidence du Conseil de l’Arctique en 2013, ce qui illustre très bien les possibilités relatives aux sciences et à la diplomatie. Les liens internationaux du Canada en matière de S et T contribuent à ses relations diplomatiques et commerciales globales avec les pays étrangers. 

Ce thème de la Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes (CPSC) 2013 a pour but de stimuler des discussions visant à aborder les défis et les possibilités en matière de S et T sur le plan du commerce et de la diplomatie, notamment :

  • Quelle est l’incidence économique des S et T sur le plan de l’établissement de relations bilatérales et multilatérales fructueuses? Quel est le rôle des S et T dans le contexte de la diplomatie internationale? Comment ces possibilités pourraient-elles façonner l’avenir?
  • Comment le Canada peut-il assurer l’intégration des S et T à son approche à l’égard du commerce international?
  • Les S et T ont contribué à la modification de la conjoncture économique dans les pays en développement. Comment le Canada pourrait-il mettre à profit ses ressources en contribuant à ce paysage changeant?
  • De quel leadership la communauté internationale fait-elle preuve en ce qui a trait à l’utilisation des S et T pour améliorer le bien-être des gens, et pour relever quelques-uns des défis auxquels le monde fait face aujourd’hui, localement et à l’échelle mondiale? Comment le Canada pourrait-il contribuer plus fortement à ce leadership?

Recherche et développement et innovation dans le secteur privé : nouvelles réalités et nouveaux modèles

Le niveau d’activités de recherche et développement (R-D) du secteur privé canadien a été scruté de près au cours de la dernière décennie. Plusieurs évaluations ont révélé que les dépenses et les activités du Canada en matière de R-D sont faibles par rapport à celles des autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui a une incidence négative sur le plan de l’innovation et de la productivité. Le rapport de 2011 du groupe d’experts chargé d’examiner le soutien fédéral en matière de R-D comportait six volets de recommandations, dont certaines sont actuellement mises en œuvre, tandis que d’autres font encore l’objet de débats.

Ce thème de la CPSC 2013 met l’accent sur les défis qui se posent à la R-D dans le secteur privé, compte tenu des réalités actuelles : austérité économique, progrès technologique rapide, puissances émergentes en matière de R-D et concurrence mondiale importante. Ce thème englobe un certain nombre d’enjeux :

  • Quelles sont les conséquences des politiques canadiennes en matière de sciences et de technologie (S et T) sur le niveau d’investissement du secteur privé dans la R-D? Comment les politiques peuvent-elles favoriser les investissements du secteur privé dans la R-D?
  • Comment l’investissement dans la R-D dans le secteur privé pourrait-il être appuyé le mieux possible par du capital-investissement privé, du capital de risque, du financement institutionnel et du financement public?
  • Quels sont les rôles et les responsabilités du secteur privé, du milieu universitaire et des gouvernements dans l’élaboration d’un écosystème efficace en matière d’innovation? Quel est le rôle des intermédiaires dans le système d’innovation? Leur rôle devrait-il être revu?
  • Comment le Canada pourrait-il devenir un environnement plus attrayant pour la R-D au niveau des multinationales, et devenir un pôle international de recherche?
  • Le régime canadien en matière de propriété intellectuelle (PI) doit-il être mis à niveau afin d’attirer davantage les investissements et d’encourager la collaboration internationale?
  • Qu’est-ce qui pourrait accroître la collaboration entre le secteur privé et :
    • le secteur universitaire?
    • les institutions et les entreprises internationales?
  • Traditionnellement, l’investissement du secteur privé a plutôt lieu plus près de l’étape de la commercialisation, alors que l’on suppose que l’investissement du secteur public appuie les étapes initiales de la R-D. Cette hypothèse demeure-t-elle valable dans l’économie mondiale et interreliée d’aujourd’hui? Quels sont les buts et les objectifs de la R-D dans le secteur privé par rapport à ceux de la R-D dans le secteur public?
  • Dans quelle mesure les entités du secteur privé collaborent-elles? Comment peuvent-elles exploiter les données disponibles provenant de sources externes?

Communication en matière de sciences et de technologie

Nous avons conçu notre civilisation en fonction des sciences et de la technologie, et en même temps fait en sorte que pratiquement personne ne comprend les sciences et la technologie—nous allons tout droit à la catastrophe. - Carl Sagan

La communication en matière de sciences et de technologie sert à définir et appliquer les connaissances, et à les diffuser à divers destinataires, notamment les autres scientifiques, les innovateurs, les groupes d’intérêts, le grand public, les représentants des gouvernements et les politiques. La communication de la science dans un univers de plus en plus complexe, changeant et interrelié est devenue une science en soi.

Une bonne communication en matière de sciences et de technologie est essentielle à l’innovation. Celle‑ci a lieu grâce à la communication d’idées, de concepts, de problèmes et de solutions entre les représentants des secteurs public et privé, le milieu universitaire, les organisations non gouvernementales (ONG) et l’ensemble de la société.

Il existe une demande sans précédent concernant des connaissances fondées sur des données probantes qui éclairent les politiques publiques, appuient la réglementation et facilitent le commerce. La communication avec le grand public en matière de sciences augmente grâce à des initiatives telles que le Café scientifique, les mini-écoles de médecine et des projets scientifiques citoyens en ligne. Quel que soit le moyen de communication utilisé, un flot multidirectionnel d’informations est essentiel entre les détenteurs du savoir et les demandeurs de savoir. Ce thème de la CPSC 2013 permettra d’examiner divers sujets liés à la communication en matière de sciences et de technologie, notamment :

  • Quelles initiatives encouragent les scientifiques et les innovateurs à collaborer avec les citoyens dans le cadre de projets conjoints?
  • Comment pouvons-nous veiller à ce que les citoyens soient renseignés en matière de sciences, et comment pouvons-nous leur communiquer plus efficacement la science?
  • Comment le journalisme scientifique évolue-t-il?
  • Comment les médias sociaux ont-ils modifié la communication en matière de sciences?
  • Comment la science est-elle communiquée aux politiques, et comment le rôle des conseillers scientifiques évolue-t-il?
  • Comment la mobilisation et la gestion des connaissances sont-elles appliquées dans les universités canadiennes et dans les autres institutions publiques? 
  • Quels sont les défis et les possibilités en ce qui concerne l’accès libre sur le plan de l’échange de données? Quelle pourrait être l’incidence de la liberté d’accès à l’échange de données sur l’avenir de la publication scientifique?
  • Quelles sont les pratiques exemplaires en matière de communication concernant les risques et l’incertitude?

Études supérieures et formation en recherche

Des capacités en matière de sciences et de technologie (S et T), notamment un personnel hautement qualifié (PHQ) et compétent et une infrastructure, sont essentielles pour accroître le rendement dans le domaine de la S ET T. Le PHQ peut être accru au moyen de la formation d’étudiants diplômés (l’objet du thème) ou de l’immigration. Bien que les titulaires de doctorat et les diplômés de niveau postdoctoral représentent une fraction seulement de la population active canadienne, ils ont une incidence importante sur la prospérité économique à long terme du Canada, compte tenu de leur contribution à la croissance de l’innovation et de la productivité.

Le rapport de 2012 du Conseil des académies canadiennes intitulé L’état de la science et de la technologie au Canada conclut que bien que le Canada compte le plus grand nombre de diplômés postsecondaires par habitant parmi les pays de l’OCDE, ce nombre ne se traduit pas par de nombreux titulaires de doctorat qui mèneront des activités de S et T plus tard. En 2011, le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation faisait état de taux de chômage relativement élevés parmi les titulaires de doctorat. L’innovation est considérée comme un élément clé de la réussite économique et sociale à long terme du Canada; cependant, cette réussite exige un PHQ capable de transformer les connaissances techniques en avantages sociaux, de même qu’en produits et services dans le marché mondial. 

De nombreux pays jonglent avec l’idée de remanier le doctorat à titre de formation relative aux postes de haut niveau pour les carrières en dehors du milieu universitaire. Dans le cadre de ce thème, la CPSC 2013 abordera le recoupement des politiques en matière de S et T et les politiques relatives à l’enseignement postsecondaire, un sujet qui exige la participation du milieu universitaire, des gouvernements et de l’industrie privée. Les questions suivantes seront examinées:

  • Comment les politiques en matière de S et T doivent-elles être renforcées afin de faciliter et d’améliorer la formation et le perfectionnement de la prochaine génération d’étudiants diplômés et de boursiers de recherches postdoctorales?
  • Le Canada forme-t-il le nombre et le type appropriés d’étudiants diplômés et de chercheurs pour les domaines techniques, cliniques, d’entrepreneuriat ou d’application en dehors du milieu universitaire? Comment peut-on préparer les titulaires de doctorat et les boursiers de recherches postdoctorales en vue d’une carrière en dehors du milieu universitaire? 
  • Comment le milieu de formation peut-il être conçu de manière à engendrer de l’innovation et de la commercialisation, tout en préservant la nature exploratoire de la recherche scientifique?
  • Que signifie l’augmentation des diplômes transdisciplinaires, des réseaux mondiaux et de l’éducation en ligne pour notre modèle universitaire actuel? Le modèle actuel est-il désuet?
  • Le Canada est-il en mesure de répondre à ses besoins en matière de recherche et d’innovation en ce qui concerne les questions du Nord, étant donné l’absence de programmes d’études supérieures dans les trois territoires canadiens?

Questions émergentes liées aux politiques scientifiques canadiennes

Compte tenu de l’évolution constante du paysage en matière de S et T, d’innovation et de politiques, ce thème examine des questions qui étaient peut-être émergentes lors de la première réunion de la CPSC il y a cinq ans, mais qui depuis ont fait l’objet d’un intérêt et d’une attention considérables à l’échelle nationale et internationale. De plus, ce thème examinera l’évolution de la situation au cours des cinq dernières années, au Canada et à l’étranger, et encadrera la discussion portant sur l’évolution possible du secteur des politiques scientifiques d’ici cinq ans.

Ce thème comportera l’examen des aspects suivants:

  • Comment les programmes et les institutions ont-ils redéfini le paysage? Quelles sont les lacunes qui persistent dans ce paysage?
  • Quels sont les enjeux politiques cruciaux auxquels on doit s’attaquer aujourd’hui pour favoriser des politiques dynamiques en matière de sciences et d’innovation d’ici cinq ans?
  • Quels sont les intérêts et les rôles évolutifs des divers ordres de gouvernement au Canada – gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et administrations municipales – en ce qui concerne les politiques scientifiques et l’innovation? Comment la répartition des responsabilités et l’interaction entre ces ordres de gouvernement devraient-elles être harmonisées au profit de l’écosystème de la recherche au Canada?
  • Comme les priorités sont-elles établies en ce qui concerne les initiatives, les missions et les installations d’envergure en matière de S et T au Canada? Quelles sont les bonnes pratiques pour optimiser le rendement des investissements qui s’y rattachent? Quels sont les rôles et les responsabilités des intervenants? Comment devraient-ils être réglementés, et quand les programmes de financement devraient-ils être harmonisés?
  • Comment pouvons-nous faire en sorte que le Canada soit le mieux en mesure de diriger des initiatives internationales importantes, d’y contribuer et d’en profiter?